Curetage utérin évacuateur

 

Malheureusement il peut arriver que la grossesse en cours n’évolue plus. Une fausse couche (on dit aussi ‘avortement spontané’) est un événement fréquent, qui touche environ 1 femme sur 3 au cours de sa vie. En général, il s’agit de troubles précoces du développement embryonnaire.

Avortement spontané

Lorsque la grossesse n’évolue plus, plusieurs cas de figure peuvent se produire:

  • la grossesse peut rester retenue en totalité dans la cavité utérine. L’oeuf clair représente un cas particulier, lorsqu’il y a bien un sac gestationnel, mais qu’il ne contient pas (ou plus) d’embryon.
  • l’organisme peut expulser le contenu de la cavité de la matrice complètement (avortement complet) ou seulement en partie (avortement incomplet). Dans ce dernier cas, il reste encore des fragments – il s’agit généralement de placenta - dans la cavité utérine.

En cas d’avortement complet, on peut se contenter de s’assurer qu’il ne reste aucun fragment de la grossesse dans l’utérus (le plus souvent par échographie).

Par contre, lorsque la grossesse est retenue en totalité ou en cas d’avortement incomplet, il faut évacuer l’utérus. On peut attendre que cela se fasse spontanément, proposer un traitement médical, mais il peut aussi être nécessaire de pratiquer un curetage évacuateur.

 

Technique opératoire

L’intervention a lieu sous anesthésie générale. Dans un premier temps il est parfois nécessaire de dilater le col de l’utérus. On procède ensuite à l’aspiration du contenu de la cavité utérine avant de réaliser le curetage proprement dit.

 

Risques et complications

La principale complication sérieuse est la perforation de l’utérus. Elle ne nécessite généralement pas d’intervention mais une cœlioscopie peut parfois être nécessaire pour éliminer une lésion exceptionnelle des organes de voisinage (intestin, vessie, vaisseaux sanguins) qui nécessiterait une prise en charge spécifique. Il peut parfois aussi se produire une forte hémorragie pendant l’intervention; il n’est toutefois généralement pas nécessaire de faire des transfusions. Dans de très rares cas, il arrive que malgré tout le soin mis à l’intervention, l’évacuation de la grossesse soit incomplète, ce qui peut nécessiter la répétition de l’intervention. Dans de cas rares également il peut y avoir à la suite de cette intervention des saignements prolongés, d’une intensité comparable aux règles, ainsi que des infections ou des thromboses (caillots dans les vaisseaux sanguins) qui nécessitent des mesures diagnostiques et thérapeutiques particulières.

 

Après l’intervention

Après l’intervention, vous pourrez avoir de légers saignements et de petites douleurs dans le bas-ventre comme cela peut se produire lors des règles à la suite d’un cycle normal. Après l’intervention, vous pourrez vous doucher mais il est conseillé de ne pas se baigner, d’aller nager ou d’avoir des rapports sexuels avant la fin des saignements. Au cas où votre groupe sanguin est de Rhésus négatif, on vous fera une injection avec des anticorps anti-Rhésus positif; ainsi on empêche votre organisme de produire des anticorps anti-Rhésus qui pourraient nuire à l’enfant lors d’une grossesse ultérieure. En règle générale vous pourrez à nouveau être enceinte sans problème après un curetage évacuateur. Il n’y a pas de délai à respecter avant de remettre en route une grossesse.

 

 

Cette fiche d’information est adaptée de celle proposée par la SGGG (Société Suisse de Gynécologie et Obstétrique). Le CNGOF (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français) n’en propose pas encore sur ce thème à ce jour. Lors de la consultation cette fiche d’information vous sera remise. Il est possible que ce texte ne réponde pas à l’ensemble de vos questions, n’hésitez pas à vous faire expliquer les points qui vous sembleraient encore obscurs.